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♠ Une inégalité de plus ne sera jamais une révolte en moins ! ♠

♠ Une inégalité de plus ne sera jamais une révolte en moins ! ♠

« En France, les très riches émettent 40 fois plus de carbone que les pauvres, mais les pauvres paient plus de 4 fois plus de taxe carbone en % de leurs revenus ! ». C’est le constat de JEAN GADREY, le 20/11/2018,  qu’il faut rappeler en ces heures de Gilets Jaunes et de marche pour le climat. (Né en 1943, Jean Gadrey est professeur honoraire d’économie à l’Université Lille 1 et auteur de nombreux ouvrages économiques).

Cette constatation est fondée sur des approches réalisées par Jean Gadrey, mais également sur des études d’autres économistes (Chancel et Piketty) et une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (O.F.C.E.).

Taxe carbone: lecture 1,2,…. 10 sont les français en dix tranches de revenus. Les 10% les plus pauvres ont un surcout en % du revenu 4 fois plus important que les 10% les plus riches

Nous savions déjà que, dans le monde, les 1% des pays riches émettent 2 000 à 3 000 fois plus que les 10 % les plus pauvres des pays les plus pauvres. Évidemment les 1%, dits les premiers de cordée, utilisent les moyens nécessaires pour que rien ne change de leur mode de vie et surtout de leur pouvoir.

Gadrey et les autres mettent en lumière qu’en France la situation est la même, les très riches émettent 40 fois plus de carbone que les pauvres. Mais en plus, ces derniers sont contraints à un taux d’effort en % de leurs revenu  4 fois supérieur en matière de taxe carbone.

« L’ancien monde ne suffisait pas pour nous en faire baver, voilà qu’ils se servent du nouveau pour nous enlever tout espoir. »

C’est la réflexion entendue sur les ronds-points de Saint-Malo, plus profonde et plus sourde que la question des taxes sur le carburant. La meilleure preuve est l’absence d’écho ou d’espoir devant les propositions d’un gouvernement qui cède sur cette question « de façade » faisant mine de ne pas entendre le fond.

Le fond, c’est celui de l’inégalité, mais c’est aussi celui de l’étouffement, de la porte qui se ferme, du « rien ne bougera » ou plutôt « préparons-nous au pire ». Les Français ont hérité d’une mémoire collective, 1789, la révolution industrielle, les grandes guerres. Cette fois encore, le souvenir a réveillé l’intuition que si les plus modestes ne se battent pas lorsque le monde change en profondeur, à la fin, leur seul droit est de reconstruire le confort des élites.

Des révoltes populaires fusent le pire et le meilleur. Et si les chocs sont rudes, il faut bien comprendre que le pire se nourrit de l’absence des uns et du mépris des autres.

♠ Il faut aller ” marcher ” le 13 octobre ♠

♠ Il faut aller ” marcher ” le 13 octobre ♠

Alors que des marches pour le climat s’organisent, parmi les derniers événements, certains illustrent parfaitement la complicité entre industries et pouvoir, les forces qui se dressent contre la volonté de lutter contre le changement climatique, d’agir pour la qualité de l’environnement.

Groupe de pression

Greenpeace a révélé un document  qui montre comment BusinessEurope actuellement présidé par Pierre Gattaz, ancien patron du Medef, entend faire capoter le projet d’introduire des objectifs climatiques plus ambitieux au niveau de l’Union européenne à l’horizon 2030. Il serait utile de revenir sur l’inefficacité endémique des gouvernements français, mais il faudrait adopter un mode encyclopédique et un trombinoscope peu adapté ici. Un article de BASTAMAG (ici) décrit le cynisme du plus important groupe de pression patronal européen, regroupant tout le gratin des multinationales du vieux continent, mais aussi des États-Unis. La stratégie est de « rester plutôt positif tant qu’on en reste au niveau des déclarations politiques, sans implications législatives » et « s’opposer à toute ambition accrue, en utilisant l’argument habituel de la distorsion de compétitivité face à nos concurrents ». Bien entendu, aux frontons et sur toutes les plaquettes de communication des entreprises qui composent BusinessEurope, tout est nature, pureté, bio et bien être…(en connaissez-vous ?).

Collusion

Le site LES JOURS nous informe sur la première invocation officielle du ‘secret des affaires’, adoptée cet été par la majorité parlementaire, malgré les critiques de la société civile. Cette invocation n’émane pas directement d’une entreprise privée, mais d’une agence publique : l’Agence du médicament refuse de rendre publique l’autorisation de mise sur le marché de la nouvelle formule du Levothyrox, fabriqué par le laboratoire Merck.

Chacun connaît les difficultés surgies pour les malades de la thyroïde après le changement de formule du Levothyrox. C‘est emblématique, une agence publique, qui (pour ceux qui veulent le croire) n’a pas pris l’attache du gouvernement avant d’agir, utilise le secret des affaires pour protéger les petits secrets du 6ème fabricant mondial de médicaments (40 Md$ en 2016).

Ignominie et hypocrisie

La compagnie pétrolière Chevron avait été condamnée, en 2012, par la justice équatorienne à payer une compensation de 8,1 milliards d’euros pour des pollutions générées par l’une de ses filiales en Amazonie. Un tribunal commercial privé vient d’annuler cette décision de justice, prise en faveur des habitants et communautés frappés par ces pollutions.

Ce sont ces mêmes pseudo-tribunaux qui sont prévus dans les accords de libres échanges (TAFTA et CETA) que nos gouvernants successifs refusent de combattre depuis les années 2000. On peut en effet mesurer le degré d’hypocrisie qui règne lorsque la commission chargée par Macron d’évaluer le CETA en 2017 écrit « Ainsi, si certains ont craint de voir resurgir le contentieux hormones dans le cadre du CETA, cette possibilité semble peu probable, sauf à ce que l’Union européenne adopte de nouvelles mesures qui rendent plus restrictive encore sa réglementation. ».

Traduction : Les pays ne pourront pas améliorer leurs normes sans risquer de se retrouver devant des tribunaux commerciaux privés.

Application : (voir le tableau au-dessus) A-t-on besoin, en Europe, de viande élevée sous critères canadiens ?

La surexploitation environnementale est d’abord protégée par les forces qui ne vivent que de l’exploitation humaine. L’une et l’autre reposent sur les mêmes bases économiques, politiques, sociales. Elles espèrent conserver leur rang et leurs avantages et disposent pour les aider de toute une panoplie d’institutions et de politiques, des plus brutaux aux plus hypocrites.

Contre cela, j’irai marcher le 13 octobre, pour le climat et pour les humain·e·s.

Moins d’insectes, moins d’oiseaux, moins d’humanité

Moins d’insectes, moins d’oiseaux, moins d’humanité

Deux études récentes, l’une du CNRS dans les Deux-Sèvres, l’autre du Muséum d’histoire naturelle sur tout le territoire français, font le constat que les populations d’oiseaux ont gravement diminué. En 17 ans, la perte représente un tiers des individus et dans certaines espèces, le Pipit farlouse par exemple, c’est 68%.

Pipit farlouse

C’est dans les zones agricoles que le bilan est le plus lourd et les causes principales évoquées par les rapports sont les avatars de l’agriculture intensive entre monoculture et chimie.

L’article du CNRS est à lire ici.

L’expertise est nette et inquiétante, elle constitue un indicateur de plus sur la dégradation de la chaîne qui unit l’ensemble des êtres vivants sur la planète. Elle constitue également une illustration simple et compréhensible des conséquences du modèle agricole et plus généralement économique dans lequel nous évoluons.

Dans un but éducatif, nous vous proposons ci-dessous, comme beaucoup de médias, le jeu des sept, huit, neuf ou dix différences (jeu, dans lequel nous avons évité les références locales).