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Pour que chaque malouin se mêle du port

Pour que chaque malouin se mêle du port

À son tour, Unis Pour le Climat (UPC) vient d’adresser une lettre ouverte à la Région qui négocie actuellement la concession de gestion du port de Saint-Malo. Ce courrier (ici) exprime une demande de qualité des équipements, de pratiques au regard de la protection de l’environnement qui nous est commune, mais aussi des différences dans l’expression ou le fond sur lequel il est intéressant de réfléchir et d’apporter une contribution.

Dans sa lettre, UPC évoque la soirée du 11 avril dernier au théâtre de Saint-Malo, à laquelle plusieurs membres d’OSONS! ont assisté. La société EDEIS, candidate à la gestion du port, en concurrence avec la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI), s’y livrait à un « grand show », (champagne, petits fours, animateurs et célébrités locales destinées à faire oublier que l’entreprise ne connaît pas Saint-Malo).

Il y a peu de choses à retenir de la soirée, de vagues idées de valorisation des espaces, des propos d’école d’urbanisme et sur l’environnement, la communication classique de toute entreprise. En revanche, chacun a pu noter une grande attention au flux touristique, pivot d’une activité que la société envisage de mettre à profit sur le port. Les grands absents de cette présentation n’étaient pas des moindres, puisqu’il s’agit des Malouins (vivants) et de la mer. Sur l’aspect environnemental de la gestion et les valeurs mises en avant par EDEIS, UPC fait un constat similaire de manque de clarté (voir ici le compte rendu d’un de nos membres sur le passage présence d’EDEIS à Saint-Malo).

Pour équilibrer notre propos, il faut indiquer deux éléments :

  • Cette opération de communication artificielle et décalée des habitudes locales constituait une réponse au maire qui n’a pas daigné recevoir EDEIS. Par ailleurs, elle se déroulait sous la contrainte, le secret de certaines questions relatives à la mise en concurrence étant requis par la région.
  • Du côté de la CCI, l’autre concurrent, le silence de son cercle agissant sur le port, sorte d’État dans l’État, est assourdissant. Nous devons nous contenter du constat de l’état actuel sur le plan environnemental. Entre l’utilisation de l’eau du port pour le nettoyage des trémies (voir ici), la technique de déchargement que nous dénonçons depuis plusieurs années, l’entretien défectueux de certains équipements d’industriels comme les cuves d’acide, les dégagements de poussières et d’odeurs et la mortalité des poissons dans les bassins (voir ici), le bilan est sinistre.

Le courrier d’UPC rappelle la nécessité de la mise en place de standards environnementaux élevés dans les équipements comme dans les pratiques. Nous serons tous d’avis d’ajouter à cette liste le passé et son traitement, en particulier celui des boues et vases du port dont la teneur en substance ou molécules diverses n’est pas communiquée.

Sans utiliser les mêmes termes qu’UPC, nous considérons également que le port n’est pas un terrain de jeu à livrer à l’opportunisme sans cadre de la promotion immobilière. En revanche, parce que nous n’y mettons pas la même signification, nous ne craignons pas la modernisation rapide de la ville.

Pour nous, en 2019, la ville moderne c’est la ville durable, et à Saint-Malo, c’est la ville/port durable. Moderne et durable sont deux qualificatifs qui doivent être les moteurs d’une même réflexion, d’un même changement à mettre en œuvre dans une ville qui ne respecte pas ses habitants et son environnement. En 2019, la modernité, c’est le contraire d’une ville découpée en tranches de consommation selon les revenus, les âges, les durées de séjour, les activités, la proximité de la mer. C’est le contraire d’une ville repliée autour de la prédominance d’une activité touristique à laquelle la qualité de l’environnement, les espaces communs, la nature et les habitants doivent se plier pour correspondre aux standards d’une des industries les plus polluantes (voir ici attention c’est long).

En complément des éléments apportés par UPC, nous considérons qu’il n’y a pas de développement durable sans économie « soutenable » et le port est vecteur d’une économie qui, elle aussi, doit être l’objet d’une réflexion et d’une adaptation. N’est-il pas temps, selon une étrange expression, de rapprocher l’économie du port de la mer, en clair, de dépasser ses simples fonctions de support de flux de marchandises et de vivier ?

Le port de Saint-Malo a des faiblesses connues. Il ne peut s’agrandir en surface et sa capacité à accueillir des bateaux de plus en plus grands est limitée par la nécessité de déroctage et la taille de son écluse. Cette capacité peut également être limitée par l’acceptation de la circulation engendrée par l’activité du port dans la ville. Il présente assez peu de surfaces libres, mais une partie des activités notamment de stockage ne nécessite pas particulièrement un positionnement sur le port.

En revanche les mêmes caractéristiques peuvent servir d’atouts vers une transformation progressive de son activité. Placé dans un milieu marin et terrestre favorable, l’avenir peut être porté par l’ambition de faire du port de Saint-Malo, le port breton consacré à l’émergence d’une nouvelle économie de la mer. Nous savons qu’une partie de notre futur dépend de notre capacité à respecter les océans et à organiser « l’économie de la mer » qu’elle soit liée à l’énergie, à la nutrition, à la médecine ou d’autres domaines…

Doit-on attendre que les grands industriels pollueurs aient complètement transféré en mer leur modèle économique et ses dégâts ? Ou la puissance publique doit-elle agir maintenant pour une économie de la mer régulée dans l’intérêt de tous, en cherchant les solutions durables garantissant la qualité et la préservation du milieu marin ? Faire du port de Saint-Malo, le laboratoire et l’atelier d’une économie, non prédatrice, d’une économie de valeurs, écologiques, humaines plutôt que celle de la sauvagerie des plus-values en mer qui se profile.

Parce que nous pensons que les citoyens sont aussi les vecteurs d’une réflexion sur l’avenir, c’est en premier lieu le projet politique qui doit être mieux connu. Pour cela, nous pensons que l’information et la consultation des citoyens évoquée par UPC doit d’abord porter sur le projet et la politique de la Région. Si les propositions des candidats à la gestion du port sont intéressantes, ce sont d’abord les projets du maître d’ouvrage, qui sont décisifs. Le développement durable est en premier lieu le résultat des politiques menées et de la volonté de les faire appliquer.

Enfin, le courrier d’UPC exprime un point sur lequel nous ne pouvons être en accord.

Il porte sur les références à la Fondation Bill Gates, ce qui, pour nous, entre en contradiction avec la participation aux marches contre Monsanto et Bayer. Pour rappel, cette fondation ne s’est pas contentée de décerner, avec d’autres, le « World Food Prize » 2013 (prix mondial de l’alimentation) à Robert T. Fraley, le vice-président de Monsanto (voir ici) et à deux représentants de puissants lobbies pro OGM (voir ici ), elle aurait versé 1,6 million de dollars pour faire échouer un moratoire sur les techniques de « forçage génétique » développées entre autres par une agence militaire états-unienne (voir ici).

Nous devons protéger les outils culturels contre ce type de fondation. Leur empreinte est déjà trop forte sur notre société tant elles ont su organiser et profiter de l’aspect le plus inique de la mondialisation. Celle qui est basée sur l’exploitation de la main-d’œuvre dans les pays les plus faibles, le pillage de leurs ressources naturelles et l’utilisation de ces pays comme poubelles du monde.

En conclusion, nous nous félicitons que de plus en plus de Malouins souhaitent des changements indispensables dans la gestion, les équipements et les pratiques de la ville et du port. Gageons que dans l’application locale, les principes d’entraide et de solidarité, les idées comme le transport collectif gratuit, que nous portons depuis 5 ans, ou le principe pollueur/payeur pour le prix de l’eau, s’imposeront prochainement.

 

Demande de transparence

En juin 2017, nous avons adressé une demande de transparence au Préfet, au Président de Saint-Malo Agglomération et à la Timac … . Nous attendons les réponses.

Courrier du 12 juin 2017 à la TIMAC :

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Le réponse de la TIMAC  :

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Courrier du 14 juin 2017 au Préfet :

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Courrier du 26 juin 2017 au Président de Saint-Malo Agglomération :

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Rencontre le 16 février 2017 : OSONS! – Nez malouins – Timac

Rencontre le 16 février 2017 : OSONS! – Nez malouins – Timac

À l’invitation de la Timac, quatre Nez malouins et trois représentants d’OSONS! se sont rendus sur le site du groupe Roullier.

        

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ROULLIER : 60 millions d’€ d’amende pour entente illicite !

ROULLIER : 60 millions d’€ d’amende pour entente illicite !

Pour les malouin-e-s, le groupe Roullier (Timac-Agro), ce sont des emplois, de l’activité sur le port et dans la zone industrielle, mais aussi des désagréments quotidiens : odeurs nauséabondes, poussières, … . Ils savent maintenant aussi que la multinationale malouine a été condamnée à hauteur de 60 millions d’euros et que son appel a été rejeté par la justice européenne.

Le fond du problème est une entente illicite entre les grands groupes de PAA comme le confirme cet extrait du jugement :

« … les principaux producteurs européens de PAA (Phosphate pour l’Alimentation Animale) sont convenus de se partager une grande partie du marché européen des PAA en se répartissant des quotas de vente par région et par client. Ils auraient, en outre, coordonné les prix, et, lorsque cela s’avérait nécessaire, les conditions de vente. L’accord original, passé par écrit le 19 mars 1969 entre les cinq principaux producteurs de PAA, à l’époque, viserait à résoudre une situation de surcapacité sur le marché européen. L’arrangement prévoirait également une révision annuelle des quotas de vente. Un mécanisme de suivi aurait été mis en place par la suite pour contrôler l’accord de marché et pour régler les conflits en cas d’écarts importants par rapport aux quotas convenus grâce à un système de compensation. » (point 15 de l’ Arrêt du tribunal du 20 mai 2015 )

Pour information, le phosphate est l’objet de multiples convoitises et selon la BBC «  les réserves sont énormes, le manque ne se fera pas sentir avant des décennies, voire des siècles. Le phosphate est donc une ressource dévaluée et exploitée sans aucune limite pour l’environnement –même si son prix a connu une forte hausse ces dernières années, avant d’entamer une baisse en 2013. Or l’apport excessif en phosphate de l’agriculture qui n’est pas absorbé par les plantes se déverse dans les rivières, contribuant au phénomène deutrophisation des milieux aquatiques (excès de matières organiques dans les eaux causée par la croissance puis la dégradation de quantités excessives d’algues). »   L’article sur slate.fr (22 novembre 2013)

Il n’est pas difficile de comprendre que le monde fictif de la « concurrence libre et non faussée » a un prix que les industriels préfèrent voir payer par une agriculture en grande difficulté. Quitte à réclamer avec les agriculteurs des aides (financés par nos impôts) de cette même Europe dont les grands groupes ne respectent pas les règles.

Pour ce qui concerne le groupe Roullier, sa participation à l’entente a été retenue de 1993 à 2004 et concerne un chiffre d’affaires estimé à plus de 340 millions d’euros. Heureusement la justice européenne a évalué sa capacité à payer l’amende et conclut (points 200, 204 et 205 de l’ Arrêt du tribunal du 20 mai 2015 ) « qu’il en ressort que la trésorerie [..] des requérantes était saine, ce qui a d’ailleurs été admis par les requérantes elles-mêmes lors de l’audience. »

Les malouin-e-s peuvent donc se rassurer, malgré les 60 millions d’euros d’amende, le groupe Roullier pourra tenir le cadre de la Responsabilité Sociale (RSE) dont elle se prévaut sur son site internet, par exemple en investissant dans des modes de déchargement par aspiration pour le bénéfice de tous :

 

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RENCONTRE AVEC LA TIMAC

Suite à la plainte de Mme K auprès de la mairie au sujet des odeurs, celle-ci est contactée par la Timac qui lui accorde un rendez-vous.  À sa demande, Osons! l’a accompagnée.

Voici les réponses de la Timac :

  1. Sur les odeurs : Elles sont mesurées par une équipe agréée COFRAC . En revanche les conditions de mesures et d’analyses (jours, heures de production, … ) ne sont pas rendues publiques.

    La Timac n’aurait reçu que six plaintes lors des douze derniers mois et ne se rendrait pas compte des désagréments qu’elle produit ! Lisent-ils le journal ?

    Cependant elle sait que la dégradation ressentie par les habitants depuis trois ans environ est liée à un approvisionnement de matières premières qui ne serait toujours pas stabilisé (en cause, le Printemps Arabe), leurs qualités différentes provoquant des odeurs plus ou moins fortes quand elles sont chauffées.

  1. Sur le déchargement des bateaux : Une commission, réunissant les opérateurs manutentionnaires sous le pilotage de la CCI, a décidé d’établir des procédures pour définir sur quel quai décharger. On devrait voir des améliorations d’ici la fin de l’année !

    Mais pourquoi ne l’ont-ils pas fait plus tôt ?

    Un seul changement de quai de débarquement n’évitera pas la dispersion des poussières si celui-ci continue à se faire au godet !

  1. Sur l’absence de réponse à lettre ouverte : L’ancien directeur marketing est parti en novembre et le nouveau n’est arrivé qu’en mars (c’est la faute à pas de chance!). Et de mars à juin ?

    Grâce à la pression de la mobilisation citoyenne en cours

  • La Timac, la CCI et la Mairie ont mis en place depuis décembre dernier une procédure renvoyant directement toutes les plaintes à la Timac.

  • La Timac prépare un plan de communication (journée portes ouvertes et site internet dédié à l’information sur la maintenance) qu’elle mettra en œuvre dès septembre 2016.

  • Les dernières nouvelles : Un article de l’Ouest-France nous apprend que la ville est en train de travailler sur le dossier avec AirBreizh et qu’elle communiquera « à l’automne sur ce qu’ » elle « aura décidé de faire ».

 

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Comment la Timac répond aux plaintes !

Comment la Timac répond aux plaintes !

Que s’est-il passé les 7 et 8 avril derniers ?

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Ces jours-là, une nouvelle odeur nauséabonde et irritante a déclenché des témoignages adressés à Osons ! et une réclamation auprès de la mairie qui, identifiant rapidement l’origine de la nuisance, l’a transmise à la … TIMAC qui répond :

« La Mairie de Saint-Malo vient de nous faire suivre votre réclamation.
Nous effectuons les recherches afin de déterminer les causes du désagrément et nous reviendrons vers vous pour vous tenir informé.
En attendant, nous arrêtons ce tout début d’après-midi une des productions susceptible de créer ces dérangements. »

Chacun pourra l’interpréter à sa façon, mais dans tous les cas, une entreprise doit maîtriser ses procédés de fabrication et leurs conséquences en termes de nuisances. Doit-on douter que cela soit le cas ?

A priori non, puisque, comme annoncé, dès le début d’après-midi du 8 avril les « dérangements » ont cessé, plus d’odeurs nauséabondes.

Le risque de nuisance serait donc connu pour chaque fabrication et les malouins transformés en cobayes ?

Les témoignages s’accumulent sur la boite mail d’OSONS l’AIR! et au delà de la dénonciation de l’altération de la qualité de vie, l’association OSONS! sera prochainement prête à organiser avec ceux qui le souhaitent la réalisation des analyses que les pouvoirs publics négligent.

 

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TIMAC, il n’y pas que la presse nationale qui s’en mêle

Le dernier numéro de l’hebdomadaire l’Express consacrait un dossier d’une dizaine de pages à l’empire Roullier.

Télécharger (PDF, 1.24MB)


Osons n’a pas attendu que la presse nationale se saisisse des interrogations que soulève cette activité industrielle au cœur de la ville et prend au sérieux les inquiétudes des malouin-e-s à propos de la qualité de l’air qu’ils respirent. Depuis un mois, l’association diffuse un formulaire dans lequel elle appelle les  citoyens malouins à réaliser un véritable recensement en notant la nature (fumée, odeur, dépôt…) et les circonstances (lieu, date, heure) des « désagréments », générés par la TIMAC et autres entreprises, observés.

Ce document est téléchargeable sur ce site  OSONS L’AIR À ST MALO version 2 (1)

Les résultats de cette enquête permettront de demander aux pouvoirs publics un audit complet, le but étant d’obtenir des responsables qu’ils prennent toutes les mesures qu’il convient pour supprimer tous les effets gênants et peut-être nocifs de ces émanations. Osons réagir !

 

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