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♠ Environnement, climat : que faire de nos élus ? ♠

Lors de la marche pour le climat du 16 mars dernier à Saint-Malo, le député Lurton, à qui le micro a été tendu cette fois encore, s’est fait chahuter à propos du vote d’un texte à l’Assemblée nationale qui fait la part belle aux fabricants de pesticides (voir ici). Il s’attendait à être cueilli sur le Glyphosate, mais le renoncement environnemental c’est tous les jours et il a été questionné sur son actualité des dernières 24h.

La veille, un petit nombre de députés (27), encouragés par ceux qui se sont abstenus (7) dont Gilles Lurton, ont modifié les termes d’un article de loi, voté le 30 octobre dernier (le scrutin ici). Cette loi prévoyait ceci :
« Sont interdits à compter du 1er janvier 2022 la production, le stockage et la circulation de produits phytopharmaceutiques contenant des substances actives non approuvées pour des raisons liées à la protection de la santé humaine ou animale ou de l’environnement… »

Moins de six mois après son adoption, l’interdiction a été repoussée à 2025 et accompagnée de mesures dérogatoires.

Comparée aux autorisations d’évacuation des boues rouges en Méditerranée (il y a quelques années), du projet de mine d’or en Guyane, de la suppression des enquêtes publiques pour certaines questions environnementales, cette affaire aurait pu passer inaperçue. Nous avons décidé d’y revenir, car ce vote et son contexte nous en disent beaucoup sur la fiabilité des engagements environnementaux de nos élus.

Les méandres de l’état de droit

Il faut avoir, comme nous, mauvais esprit pour relever le premier enseignement de ces textes. Ils sont la confirmation que des produits, qui ne peuvent être vendus pour une utilisation en France, parce que potentiellement nocifs ou dangereux, peuvent y être fabriqués, stockés et mis en circulation. C’est le laxisme ordinaire d’un État, qui règlemente et contrôle de plus en plus les citoyens (manifestants, demandeurs d’emploi, allocataires des minimas sociaux), mais laisse les entreprises fabriquer ce type de produit en toute impunité.

 

L’environnement s’arrête aux frontières

En 1972, le club de Rome signait un rapport intitulé « Halte à la croissance ». Depuis chacun a compris que les atteintes à l’environnement ne s’arrêtent pas aux frontières et qu’elles se conjuguent pour affecter l’ensemble de la planète, son climat et la santé de ses habitants, c’est le B.A.B.A. D’illustres et sérieux prédécesseurs de nos députés actuels ont tenté de nous dire le contraire avec le nuage de Tchernobyl, mais désolé, nous savons que cela est faux.

Les députés n’ont même plus l’excuse de l’ignorance. Lorsqu’ils autorisent les entreprises françaises à produire ici et à vendre, essentiellement dans les pays du sud, des produits qui ne respectent pas l’environnement, ils savent ce qu’ils font et que cela nous impactera également.

Et la morale et l’éthique ?

Les produits dont ils est question n’entrent pas sur le marché européen du fait de leur dangerosité potentielles pour la santé humaine.

Si l’environnement ne les préoccupe pas, il était possible qu’au regard de la santé humaine, la morale, l’éthique viennent au secours de nos élus. La règle d’or « Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas que l’on te fasse. » est présente dans toutes les cultures, toutes les religions et les assemblées, nées de la Révolution française, y font souvent référence.

Sur le plan de la morale, les élus peuvent-ils décider de risquer la santé des humains ? Et sur le plan éthique, ces produits sont essentiellement destinés aux pays du sud, est-ce un facteur qui facilite cette décision ? Est-il moins grave d’attenter à l’environnement au Sénégal qu’en France ? Faut-il moins protéger la santé d’un Nigérian que celle d’un Français ? La même question s’est posée récemment avec le chlorédone en Martinique et la même réponse y a été apportée, l’impunité. Mais ils sont français, direz-vous, alors peut-être que ce critère n’est pas le bon…

Et l’économie ?

Ces substances sont diffusés pour une production agricole de masse, polluante et de préférence dans des pays à main-d’œuvre sous-payée. En général, elle ne correspond pas aux besoins des pays pauvres, détruit leur propre agriculture et les place sous la domination des grands groupes.

L’eldorado de la consommation se situe chez nous et non chez eux et au final avec l’importation des culture à bas coûts agit autant sur notre santé que sur notre agriculture qui, en principe, n’utilisent pas ce type de produit.

Comment réagir lorsque la majorité des élus nationaux prive le pays de la capacité à interdire cette concurrence toxique, dangereuse et déloyale en signant des accords internationaux (CETA, TAFTA …). Leur prétexte, le commerce international, leur motivation, le profit des plus grandes entreprises, quelles que soient les retombées .

Ainsi, il n’est pas étonnant de retrouver dans la chorale des entreprises qui ont poussé de grands cris lors du vote de la loi en octobre 2018, BASF France, Bayer, Corteva Agriscience, Syngenta France ou De Sangosse, toutes productrices des produits non autorisés, mais vendus à l’étranger.

Indépendance et hypocrisie !

Les grandes entreprises ont réussi, en moins de six mois, à détruire une loi, cela montre à quel point le monde politique est réceptif à leurs arguments, beaucoup plus qu’à ceux des citoyens qui se mobilisent depuis 20 semaines en gilets Jaunes. Mais la personne, qui a interpellé le député malouin, n’a pas eu la possibilité de révéler complètement l’amplitude de leur victoire.

En effet, il ne s’agit pas d’un simple report, car l’éthique défaillante de nos élus se double d’une hypocrisie sans limites. Le nouveau texte prévoit des dérogations au-delà de 2025 sous contrôle du Sénat et de l’Assemblée nationale « Sous réserve du respect du secret des affaires mentionné à l’article L. 151 1 du code de commerce », autrement dit, ils exerceront un contrôle avec les éléments que les entreprises décideront de livrer…

L’emploi : Un chantage ordinaire

Tout cela ne pouvait passer sans un motif sérieux et quoi de plus sérieux que l’emploi ? L’un des arguments est que mille à quatre mille emplois (emplois indirects compris) seraient supprimés en cas de maintien de la loi d’octobre 2018 et aucune étude d’impact préalable n’aurait été réalisée.

Pour nos élus cette réponse suffit, le débat est clos. L’argument est tellement utilisé et depuis si longtemps qu’il ne souffre aucune contestation, surtout lorsqu’il est accompagné d’un prétendu pragmatisme, sous l’impulsion des grandes entreprises. Tout est bon pour résister à toute orientation environnementale de l’économie.

Mais le pragmatisme affiché n’a pas été jusqu’à étudier l’impact sur nos emplois commerciaux, industriels ou agricoles, sur les petites entreprises et les filières locales, de la mise sur le marché de produits à bas coût en concurrence avec des productions locales ?

Pas de filière de recyclage pour les élus !

Loin d’anticiper les questions environnementales, nos élus en sont encore à la ligne Maginot du climat. À défaut de prise de conscience réelle, on pouvait espérer que sur des questions de santé humaine, la morale et l’éthique viendraient à leur secours, mais rien ne semble plus fort que le vent qui souffle de grandes entreprises pour la protection de leurs profits.

En faisant ce type de choix économiques, le gouvernement et nos élus savent qu’ils agissent contre l’environnement et contre le vivant. Ils décident d’apporter une nouvelle contribution de la France à la grande œuvre de destruction de la planète.

Rarement moteur des vrais progrès environnementaux, la majorité des élus actuels en sont souvent les obstacles. Il n’y a pas de filière de recyclage pour ces élus, ils peuvent être remplacés, contournés, ignorés, mais en aucun cas ils ne doivent être le centre d’intérêt de l’insurrection citoyenne nécessaire pour préserver la planète.

Restitution sonore de la partie « forum » du Grand débat organisé par OSONS! le 1er février 2019

Ces extraits sonores sont issus de la première partie du 1er Grand Débat à Saint-Malo.

23 témoignages du forum, enregistrés lors du Grand débat, organisé par Osons!, le 1er février 2019
Vous pouvez les écoutez tous ci-dessus ou un par un ci-dessous.
L’indépendance de la Bretagne
La disparition des compétences des communes
Usage des lieux publics et circulation
Il faut reprendre la main
Les comités de vigilance
La grève du 5 février
Soyons constructifs et ne mettons pas tout sur le dos des Gilets jaunes
Indemnisation des blessés par le gouvernement
Qu’ils dégagent tous
Aéroport de Rennes
La Bretagne à la pointe de l’écologie
Président chef des armées
Les morts du chômage
Le RIC
Il faut voter
Rappel sur le droit au travail de 1948
Le fric, le fric, le fric
Garder les riches
Démocratie
L’évasion fiscale
Refonder les pouvoirs
Il faut mettre un gilet jaune
Priorité à l’intérêt général

♠ Grand Débat : Les comptes rendus des six tables rondes du 1er février 2019 ♠

♠ Grand Débat : Les comptes rendus des six tables rondes du 1er février 2019 ♠

Le grand débat du 1er février 2019 a donné lieu à des échanges foisonnants, voici les comptes rendus des six tables rondes. Le besoin de s’exprimer et la poursuite des réflexions ne doivent pas cesser avec la fin du Grand Débat. La démocratie n’est pas seulement l’exercice d’un moment électoral ou non, mais la participation constante des citoyens aux affaires publiques, locales ou nationales.  

Voici le compte rendu des six tables rondes qui a été déposé sur le site du Grand débat.

Pour accéder au compte rendu d’une table ronde, cliquez sur le lien correspondant ci-dessous.

Compte rendu « Environnement »
Compte rendu « Démocratie »
Compte rendu « Fiscalité »
Compte rendu « Services publics et organisation territoriale »
Compte rendu « Emploi »
Compte rendu « Mouvement social »

♠ Grand débat : Une première à renouveler ♠

Vendredi soir, le 1er février 2019, la salle était comble et les échanges ont été nombreux. Comme annoncé, la soirée a débuté par un forum durant lequel une quarantaine de personnes ont pris la parole…Une restitution sonore de la partie « forum » se trouve sous ce lien.

Et voici un bref compte rendu de la soirée qui a été déposé sur le site du Grand débat.

Débutée vers 18h30, la soirée a pris fin vers 23h 00 sans que la fatigue ne gagne les rangs de ceux qui ont participé aux six tables rondes. (fiscalité, emploi, services publics & organisation territoriale, environnement, démocratie, mouvement social). Thèmes qui ont été déterminés en fonction des interventions durant le forum et qui ont tenus les plus déterminés jusqu’aux restitutions à la fin de ce premier grand débat malouin. Les comptes rendus de ces tables rondes se trouvent sous ce lien.

Pari réussi, avec la participation de Gilets jaunes au forum et aux tables rondes pour des échanges inédits à Saint-Malo. Certain·e·s ont même parlé de vrai débat et de vraie concertation ouverte à toutes et tous. Ci-dessous des extraits de la fin du forum…

♠ Grand débat du 1er février 2019 : Comment ça marche ♠

Où et quand ?

  • Salle Surcouf Espace Bouvet, Place Bouvet à Saint-Malo le 1er février 2019
  • Entre 18 h et 23 h
  • Arrivée à toute heure (sans troubler les participant·e·s)

Le cadre :

L’opportunité est celle du grand débat national. Le cadre, les questions, seront celui et celles que fixeront ses participant·e·s.

Les étapes :

18 h à 18 h 30 Accueil Informations et les règles du jeu de la soirée
18 h 30 à 20 h
Forum Tous ensemble et tout sur la situation actuelle
20 h à 20 h 30 Pause salée/sucrée Partage gratuit de ce que chacun apporte
(principe de fonctionnement d’OSONS !)
20 h 30 à 22 h 30 Tables rondes Tables rondes à partir des thèmes exprimés au forum
22 h 30 Restitution 3 minutes pour rapporter la parole et les propositions
23 h  Clôture  

Les règles du jeu :

Pendant le forum les prises de parole seront de 3 mm, en cours de forum la priorité sera donnée à ceux qui ne se seront pas exprimés avant.

Il n’y a pas de questions interdites et personne n’est obligé de répondre à une question.

La démocratie, c’est le débat, pour débattre, il faut écouter, respecter, expliquer, exprimer ses lignes rouges clairement et sans violence.

La démocratie citoyenne, c’est la bienveillance en plus.

Les moyens mis en œuvre :

·     Pour le forum 1 animatrice, 1 animateur et 4 secrétaires

·     Pour chaque table ronde 1 animatrice ou animateur, 1 secrétaire

·     La conférence sera peut-être enregistrée, voire filmée totalement ou partiellement (à confirmer)

Monsieur « Contrepoint »

Sa présentation sera faite lors de la soirée. Monsieur Contrepoint aura pour rôle de nous aider à contextualiser les questions, les relier entre elles ou les séparer, en donner une lecture entre spécialité, décalage et pédagogie. Son expérience des questions et des théories économiques son expérience du monde de l’emploi et de la réinsertion et sa pédagogie dans le domaine de la laïcité seront un appui lors de cette soirée.

Les suites :

Les éléments, propositions et questions seront remontés sur le site du Grand Débat National et publié sur le site d’OSONS! 


♠ Reprenons nos affaires en main ♠

♠ Reprenons nos affaires en main ♠

Il y a quelques jours, la secrétaire d’État chargée du grand débat, Emmanuelle Wargon, était à Saint-Malo. Elle a préféré la compagnie de ses soutiens politiques (voir ici) que l’échange avec certaines associations. Peu importe, on nous entendra tout de même. Nous avons décidé d’organiser nous même un acte du

Nous ne laisserons pas les ministres, préfets ou notables faire la publicité des solutions imposées au Pays pour la protection des plus riches et présenter ensuite la facture aux citoyens.
Nous ferons ce débat à notre façon, en invitant tous ceux qui souhaitent y participer et notamment ceux qui sont en lutte actuellement dans le Pays de Saint-Malo. Les thèmes du débat national et leurs prolongements locaux seront en discussion et en proposition.

Rejoignez-nous pour débattre de citoyen·ne·s à citoyen·ne·s, à la salle Surcouf—Espace Bouvet à Saint-Malo, le vendredi 1er février 2019, à partir de 18h jusque 23h.
Ateliers, débats, pauses et surprises…

Évènement Facebook Grand Débat

♠ Une inégalité de plus ne sera jamais une révolte en moins ! ♠

♠ Une inégalité de plus ne sera jamais une révolte en moins ! ♠

« En France, les très riches émettent 40 fois plus de carbone que les pauvres, mais les pauvres paient plus de 4 fois plus de taxe carbone en % de leurs revenus ! ». C’est le constat de JEAN GADREY, le 20/11/2018,  qu’il faut rappeler en ces heures de Gilets Jaunes et de marche pour le climat. (Né en 1943, Jean Gadrey est professeur honoraire d’économie à l’Université Lille 1 et auteur de nombreux ouvrages économiques).

Cette constatation est fondée sur des approches réalisées par Jean Gadrey, mais également sur des études d’autres économistes (Chancel et Piketty) et une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (O.F.C.E.).

Taxe carbone: lecture 1,2,…. 10 sont les français en dix tranches de revenus. Les 10% les plus pauvres ont un surcout en % du revenu 4 fois plus important que les 10% les plus riches

Nous savions déjà que, dans le monde, les 1% des pays riches émettent 2 000 à 3 000 fois plus que les 10 % les plus pauvres des pays les plus pauvres. Évidemment les 1%, dits les premiers de cordée, utilisent les moyens nécessaires pour que rien ne change de leur mode de vie et surtout de leur pouvoir.

Gadrey et les autres mettent en lumière qu’en France la situation est la même, les très riches émettent 40 fois plus de carbone que les pauvres. Mais en plus, ces derniers sont contraints à un taux d’effort en % de leurs revenu  4 fois supérieur en matière de taxe carbone.

« L’ancien monde ne suffisait pas pour nous en faire baver, voilà qu’ils se servent du nouveau pour nous enlever tout espoir. »

C’est la réflexion entendue sur les ronds-points de Saint-Malo, plus profonde et plus sourde que la question des taxes sur le carburant. La meilleure preuve est l’absence d’écho ou d’espoir devant les propositions d’un gouvernement qui cède sur cette question « de façade » faisant mine de ne pas entendre le fond.

Le fond, c’est celui de l’inégalité, mais c’est aussi celui de l’étouffement, de la porte qui se ferme, du « rien ne bougera » ou plutôt « préparons-nous au pire ». Les Français ont hérité d’une mémoire collective, 1789, la révolution industrielle, les grandes guerres. Cette fois encore, le souvenir a réveillé l’intuition que si les plus modestes ne se battent pas lorsque le monde change en profondeur, à la fin, leur seul droit est de reconstruire le confort des élites.

Des révoltes populaires fusent le pire et le meilleur. Et si les chocs sont rudes, il faut bien comprendre que le pire se nourrit de l’absence des uns et du mépris des autres.

♠ N’en jetez plus, la coupe est pleine ! ♠

♠ N’en jetez plus, la coupe est pleine ! ♠

C’est en substance ce que l’on a envie de dire devant le nombre et le peu d’ouverture des informations dites « économiques » dans les médias. Heureusement, certaines sont précieuses, c’est le cas du rapport paru en juin 2018 sur « L’IMPACT SOCIÉTAL DES GRANDES ENTREPRISES FRANÇAISES » publié par le Bureau d’Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne (BASIC) et l’observatoire des multinationales.

Depuis les années 1980, et 2008 n’y a rien changé, la norme, l’idée installée dans les têtes, à grand renfort de répétitions et de répétiteurs, est que la seule voie possible pour sortir de la crise est la facilitation de « la performance des entreprises ». Derrière « l’entreprise », il faut décrypter « les plus grandes », celles qui sont censées porter haut nos couleurs nationales. Et derrière « la performance », il faut comprendre les dividendes qu’il s’agit de verser aux actionnaires (voir ici). Présents sans arrêt sur les médias, les experts ont une double mission :

  • Faire l’éloge de « l’entrepreneur », au point que même celui qui n’emploie que lui-même, se considère proche des plus grands.
  • Relayer les pseudo-théories des énarques ministres, souvent issus ou destinés à ces entreprises.

Aujourd’hui, la rengaine du « ruissellement » tient la corde (la fortune des premiers de cordée ferait vivre le bon peuple) et justifie, parfois à elle seule, toute la politique économique de l’État. Mais quelle est la part d’ombre de ce « ruissellement » dans le pays et qui mesure l’apport et l’impact des grandes entreprises ?

C’est ce que montre en partie le rapport. Les économistes savent que les activités économiques ont des coûts cachés « qu’elles reportent sur la société ». Certains d’entre eux considèrent cela comme « naturel », d’autres comme secondaire et réparable par des compensations financières ou d’autres natures, le marché du carbone est un exemple. Enfin, une minorité estime que dans une planète finie, dont les seuils d’acceptabilité sont dépassés, il ne peut y avoir de compensation. De la même façon, ils considèrent que l’altération du potentiel humain par la faim, le manque d’éducation, de santé ou le maintien dans la précarité, ne se compense pas. Les coûts sociétaux directs (nucléaire) ou indirects (perte de biodiversité, santé) ne sont pas dans le bilan des entreprises, mais dans celui de la nation. Pour les financer, le même bon peuple (celui qui vit du ruissellement) est sollicité par la nouvelle noblesse (celle qui a remplacé la particule par la carte de visite du C.A.C 40 ou de Wall Street). De même la baisse de capacité à investir dans les biens et services communs va de pair avec l’absorption des coûts cachés des grandes entreprises par le budget de la nation.

BASIC et l’observatoire examinent les coûts cachés liés à l’activité de cinq grandes entreprises (Renault, Michelin, Total, Sanofi, EDF). Seule leur activité en France est prise en compte, les renseignements sont inaccessibles pour l’étranger (vive la transparence). Cinq critères sont évalués :

  1. Le crédit d’impôt qui laisse à la collectivité une charge à la place de l’entreprise.
  2. L’allègement des cotisations sociales dont le coût est pris en charge par l’État et les salariés via leurs cotisations ou la privatisation de leur protection.
  3. Le recours au travail précaire qui est structurellement déficitaire et pèse de plus en plus sur les comptes de l’assurance-chômage prise en charge par la collectivité.
  4. La pollution de l’air, cause de décès prématurés de maladies, etc. dont les conséquences financières sont partagées entre la Sécurité sociale, les dépenses publiques en générales et les salariés.
  5. Le changement climatique en fonction des émissions de gaz à effet de serre.

Les résultats sont éloquents, rien que les crédits d’impôts, accordés aux cinq groupes, totalisent 477 millions d’euros qui ne rentrent pas dans les caisses de la collectivité. Cette somme peut être comparée aux dividendes, servis la même année (2016) aux actionnaires de ces entreprises.

La mise en perspective des coûts sociétaux nous montre à quel point d’autres analyses et d’autres pensées économiques sont possibles et nécessaires. Selon le rapport, le cumul des coûts engendrés en France par ces seules cinq entreprises représente 1,5 milliard d’euros pour l’année 2016. À l’échelle de l’ensemble des entreprises du C.A.C. 40 et autres grandes entreprises ayant une activité en France, à quel niveau sommes-nous ?

Et, considérant ces sommes et le faible nombre d’actionnaires,
qui sont les principaux assistés du pays ?

Avec des chiffres qui ne sont pas relayés par les médias classiques, le rapport nous montre l’importance des coûts engendrés par l’activité des grandes entreprises puis transformés en charges publiques (coûts sociétaux). Cette transformation est assurée par les machines politiques et gouvernementales qui se succèdent à la tête de l’État depuis longtemps déjà. Ouvertement ou hypocritement, elles l’assurent à n’importe quel prix, en multipliant les contraintes sur l’environnement et le corps social, en déclenchant des crises, voire des guerres. Rien ne doit remettre en cause le mythe de la croissance et la culpabilité du citoyen qui ne s’y consacre pas.

Le dossier de BASIC et de l’observatoire des multinationales

Le site de l’observatoire des multinationales

Le site de BASIC  (Bureau d’Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne)

 

♠ Il faut aller ” marcher ” le 13 octobre ♠

♠ Il faut aller ” marcher ” le 13 octobre ♠

Alors que des marches pour le climat s’organisent, parmi les derniers événements, certains illustrent parfaitement la complicité entre industries et pouvoir, les forces qui se dressent contre la volonté de lutter contre le changement climatique, d’agir pour la qualité de l’environnement.

Groupe de pression

Greenpeace a révélé un document  qui montre comment BusinessEurope actuellement présidé par Pierre Gattaz, ancien patron du Medef, entend faire capoter le projet d’introduire des objectifs climatiques plus ambitieux au niveau de l’Union européenne à l’horizon 2030. Il serait utile de revenir sur l’inefficacité endémique des gouvernements français, mais il faudrait adopter un mode encyclopédique et un trombinoscope peu adapté ici. Un article de BASTAMAG (ici) décrit le cynisme du plus important groupe de pression patronal européen, regroupant tout le gratin des multinationales du vieux continent, mais aussi des États-Unis. La stratégie est de « rester plutôt positif tant qu’on en reste au niveau des déclarations politiques, sans implications législatives » et « s’opposer à toute ambition accrue, en utilisant l’argument habituel de la distorsion de compétitivité face à nos concurrents ». Bien entendu, aux frontons et sur toutes les plaquettes de communication des entreprises qui composent BusinessEurope, tout est nature, pureté, bio et bien être…(en connaissez-vous ?).

Collusion

Le site LES JOURS nous informe sur la première invocation officielle du ‘secret des affaires’, adoptée cet été par la majorité parlementaire, malgré les critiques de la société civile. Cette invocation n’émane pas directement d’une entreprise privée, mais d’une agence publique : l’Agence du médicament refuse de rendre publique l’autorisation de mise sur le marché de la nouvelle formule du Levothyrox, fabriqué par le laboratoire Merck.

Chacun connaît les difficultés surgies pour les malades de la thyroïde après le changement de formule du Levothyrox. C‘est emblématique, une agence publique, qui (pour ceux qui veulent le croire) n’a pas pris l’attache du gouvernement avant d’agir, utilise le secret des affaires pour protéger les petits secrets du 6ème fabricant mondial de médicaments (40 Md$ en 2016).

Ignominie et hypocrisie

La compagnie pétrolière Chevron avait été condamnée, en 2012, par la justice équatorienne à payer une compensation de 8,1 milliards d’euros pour des pollutions générées par l’une de ses filiales en Amazonie. Un tribunal commercial privé vient d’annuler cette décision de justice, prise en faveur des habitants et communautés frappés par ces pollutions.

Ce sont ces mêmes pseudo-tribunaux qui sont prévus dans les accords de libres échanges (TAFTA et CETA) que nos gouvernants successifs refusent de combattre depuis les années 2000. On peut en effet mesurer le degré d’hypocrisie qui règne lorsque la commission chargée par Macron d’évaluer le CETA en 2017 écrit « Ainsi, si certains ont craint de voir resurgir le contentieux hormones dans le cadre du CETA, cette possibilité semble peu probable, sauf à ce que l’Union européenne adopte de nouvelles mesures qui rendent plus restrictive encore sa réglementation. ».

Traduction : Les pays ne pourront pas améliorer leurs normes sans risquer de se retrouver devant des tribunaux commerciaux privés.

Application : (voir le tableau au-dessus) A-t-on besoin, en Europe, de viande élevée sous critères canadiens ?

La surexploitation environnementale est d’abord protégée par les forces qui ne vivent que de l’exploitation humaine. L’une et l’autre reposent sur les mêmes bases économiques, politiques, sociales. Elles espèrent conserver leur rang et leurs avantages et disposent pour les aider de toute une panoplie d’institutions et de politiques, des plus brutaux aux plus hypocrites.

Contre cela, j’irai marcher le 13 octobre, pour le climat et pour les humain·e·s.

♠ Pique-nique du 15 septembre à la Découverte : Huit lignes qui ont choqué les habitants ♠

♠ Pique-nique du 15 septembre à la Découverte : Huit lignes qui ont choqué les habitants ♠

À lire Ouest-France du 17 septembre 2018, les vieux clichés de la Découverte ont à nouveau fait surface. Nous ne rejoignons absolument pas les huit lignes de description parues dans le journal. Quelques personnes qui expriment leurs impressions ou leur déception ne suffisent pas à brosser le portrait d’un quartier. L’association OSONS! et les riverains de la Louisiane se battent depuis plus de trois ans pour défendre le jardin. Les fêtes et les rassemblements se succèdent ; tous les jeudis, cet été, ceux qui vivent à côté étaient rejoints par les autres et jamais, avant ou après nos événements, nous n’y avons trouvé « les seringues » citées par le journal.(ici)

Lors de notre récent passage dans toutes les cages d’escalier, nous avons rencontré des habitants attachés à leur quartier. Le porte-à-porte nous a révélé des nouveaux arrivants étonnés de leur tranquillité alors qu’ils craignaient « le pire ». Nous avons également apprécié que les voisins se parlent et se passent messages ou affiches en cas d’absence. La Découverte, ce sont d’abord des habitants accueillants avec OSONS!. Ils ouvrent leur porte et se montrent souvent informés et solidaires du combat sur le prix de l’eau, du procès en diffamation ou du nettoyage dans le port.

À la découverte, s’il y a des difficultés, il y a aussi des forces qu’il ne faut pas négliger. Ces forces, fierté, solidarité et combativité sont partagées par les propriétaires et les locataires dès qu’il s’agit du quartier. C’est aussi, parce que le jardin de la Louisiane est un lieu où peuvent s’exprimer ces valeurs communes d’entraide que nous en défendons l’intégrité.