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Encore un coup sur les citoyens en difficulté

Quelle est l’utilité pour les médias de titrer régulièrement sur les évolutions du chômage à trois mois ? Derrière un semblant d’information se cachent les pièges d’une communication qui masque la réalité du chômage et ce que subissent ses victimes. Pour notre part, nous publions les chiffres sur des périodes longues et sur les différentes catégories de chômeurs. Chaque citoyen doit pouvoir construire une image réelle du pays sur les vraies tendances plutôt que sur des phénomènes temporaires. Voici les évolutions et la situation :

Dans la zone d’emploi de Saint-Malo, l’évolution du nombre de chômeurs est présentée ci-dessous.

Source D.A.R.E.S

La répartition des demandeurs d’emploi par âge et par sexe, au 1er octobre 2018, était la suivante :

Lecture: les femmes de – de 25ans (en vert) sont 530 soit 14% des femmes des catégories A.B.C
Source D.A.R.E.S

Les gouvernements ont décidé que la différence de niveau de vie entre travailleurs et privés d’emploi devait être plus visible. Pour cela la succession de petites phrases de nos responsables gouvernementaux, en particulier de ceux qui sont au pouvoir actuellement, participe à la construction du mythe du chômeur fraudeur. L’image d’une vie dans laquelle il suffirait de traverser la rue pour trouver un emploi est patiemment construite et ancrée dans la tête des travailleurs pauvres, et donc que si l’Autre est au chômage, c’est qu’il en profite et qu’il a les moyens.

Accroché à la protection des plus riches, le gouvernement ne prend pas en compte les chiffres fournis par ses propres services. Ils sait pourtant que 50.6% des chômeurs seraient sous le seuil de pauvreté sans les transferts sociaux qui permettent de baisser ce taux de 13 points (Minima sociaux et prestations sociales > édition 2018 > DREES). Il sait également qu’il a affaire à une population peu organisée qui reste à 37% sous ce fameux seuil et, pour le coup, il n’hésite plus à cogner.

Depuis le 30 décembre 2018, la référence au salaire antérieurement perçu, qui servait jusqu’ici de critère pour déterminer l’« offre raisonnable d’emploi », est abrogée. En cas de refus successifs des « offres raisonnables » nouvelle formule, la loi prévoit la suppression d’un mois ou plus d’allocation, et non plus seulement sa suspension.

Sachant que le nombre de chômeurs indemnisés qui ne se rend pas régulièrement à un rendez-vous est inférieur à 4% (source syndicale), le gouvernement décide quand même d’accentuer leur précarisation. Même si au passage cela permet de rogner sur les allocations de cette petite partie des chômeurs, le but réel n’est pas de toucher ces ‘4%’. Le but est de jouer sur la peur de l’ensemble des demandeurs d’emploi pour leur imposer d’accepter des emplois quelles que soient les conditions salariales.

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Devant Pôle Emploi cette semaine

Cette semaine nous étions à nouveau aux côtés du collectif « Chômeurs & précaires Ensembles solidaires », qui avait également l’appui de gilets jaunes, pour dénoncer ce mauvais coup porté aux citoyens privés d’emploi. Les demandeurs d’emplois constituent l’une des parties les plus fragiles des citoyens français. Le fait qu’ils constituent une cible privilégiée des loups de Bercy, pour la remise en cause de leurs droits, n’est pas un hasard, ni une nouveauté ( cf. ici ).

Pour en savoir plus :

un article de BASTAMAG

Le décret du 30 décembre

Les éléments sur le site officiel Service public.fr

https://www.bastamag.net/Cela-va-vraiment-etre-tres-violent-des-agents-de-Pole-emploi-reagissent-aux
https://www.bastamag.net/Cela-va-vraiment-etre-tres-violent-des-agents-de-Pole-emploi-reagissent-aux

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