• ————————————————————————————————————————————————————————————–

Jardin de la Louisiane: vous étiez toujours là et toujours plus nombreux…

Jardin de la Louisiane: vous étiez toujours là et toujours plus nombreux…

DSC00015Dimanche soir, 3 juillet, nous avons été plus de 400 personnes à passer (ou à rester plusieurs heures) au jardin de la Louisiane pour soutenir le combat des riverains qui se bougent pour que ce lieu (superbe en cette saison…) demeure un bien public

La démonstration est faite qu’avec de l’énergie et de la constance on peut réussir un événement qui a, fait significatif,  permis à de nombreuses personnes en but avec le management “façon Renoult” de se retrouver et d’agréger leurs combats (collège Surcouf, terrain de camping des Nielles, Ecole de Musique…).

Merci encore à tou-te-s ceux -celles- qui ont pris une part à la réussite de cette initiative…qui en appelle d’autres…..jusqu’à l’abandon du projet de lotissement dans le jardin.

Le mouvement social sur la côte d’Emeraude au temps du Front Populaire

Le mouvement social sur la côte d’Emeraude au temps du Front Populaire

L’histoAff Ft Popurien Antoine PROST a écrit:

« Si nous voulons être les acteurs responsables de notre propre avenir, nous avons d’abord un devoir d’histoire ». 

 

Comment ne pas adhérer à cette formule lorsque l’on regarde en parallèle la France des années 1930 et la situation politique et sociale d’aujourd’hui. En ces semaines où est évoqué le quatre-vingtième anniversaire du Front Populaire,  le miroir de l’histoire nous renvoie certains éléments de notre actualité telles que :

  • la tension internationale et les conflits sanglants à proximité et à l’intérieur de l’Europe,
  • la progression des courants et des thèmes de l’extrême-droite (xénophobie, racisme….)
  • le discrédit qui submerge les castes et les institutions politiques, compromises dans nombre de scandales financiers, affairistes..ou convaincu de faire preuve d’autoritarisme ou d’enfreindre leurs propres règles démocratiques.

Aussi, nous a-t-il paru utile de proposer une conférence-débat sur le thème du Front Populaire de manière à réévoquer les thématiques de cette période singulière de notre histoire, lesquelles permettent d’éclairer notre présent.

Toutefois, nous avons choisi d’inscrire cette évocation et ce débat sous un angle et dans une problématique locale, tant il s’avère qu’aucune étude historique n’a examiné les conditions dans lesquelles les populations de notre région malouine ont vécu et traversé la période du Front Populaire.

Les recherches historiques inédites de notre camarade Daniel BOUFFORT constituent le support d’un travail mémoriel, utile pour découvrir ou redécouvrir que notre territoire, sans un être « un bastion du mouvement ouvrier organisé » n’en fut pas moins très concerné par le mouvement social qui secoua le pays pendant toute la période qui va de février 1934 jusqu’aux prémices du second conflit mondial.

Sans doute quelques enseignements à méditer pour les combats d’aujourd’hui…

Entrée libre

Le mouvement social sur la côte d’Emeraude au temps du Front Populaire

Conférence débat : Ouest-France et la question coloniale

Conférence débat : Ouest-France et la question coloniale

affichetteThouroudeL’accession à l’indépendance, à partir de 1945, des pays et des peuples d’Afrique et d’Asie colonisés par les puissances occidentales est un phénomène majeur de l’histoire du monde, dont toutes les conséquences sont encore loin d’être purgées. La colonisation fut brutale et la décolonisation ne se fit souvent qu’au prix de conflits longs et tragiques, sauf lorsque des puissances impériales se résolurent à accepter une transition pacifique vers l’indépendance.

La quatrième République française (1946-1958) décida de transformer l’Empire colonial français en Union française en 1945, dans le but avoué de conserver sa domination sur ses possessions outre-mer. 17 années plus tard, en 1962, l’Empire, à l’exception de quelques confettis, n’existait plus.

Dans son livre, Ouest-France et la question coloniale : 1945-1962, Justice et liberté ?, Jacques Thouroude analyse comment le premier quotidien régional français, de tendance démocrate chrétienne, aborda dans ses colonnes la question coloniale au cours de ces deux décennies. La devise du journal, Justice et Liberté, est rappelée quotidiennement sous son titre. Mais Ouest-France se fit-il le porteur ou se démarqua-t-il de l’idéologie coloniale qui imprégnait la société fran­çaise de l’époque ? Joua-t-il pleinement son rôle d’information ? Participa-t-il, et de quelle manière, aux graves débats qui marquèrent ces années à propos des méthodes de guerre mises en oeuvre par l’armée fran­çaise et de l’usage de a torture ? Pour le dire en une seule phrase, défendit-il la Justice et la Liberté ?

Rappelant que depuis 1945, le quotidien Ouest-France était déjà installé comme média en position dominante sur l’ensemble du grand ouest, le livre de Jacques Thouroude permet d’engager le débat à la fois sur la problématique historique de la colonisation/décolonisation et sur le rôle d’un média sur la formation et l’évolution de l’opinion régionale.

Deux thèmes, qui n’en doutons pas, font écho à des thématiques bien actuelles.

Jacques Thouroude sera l’invité d’Osons !, présentera son livre et animera le débat

Vendredi 4 mars à 20h,

à la mairie annexe de Paramé.

Entrée libre

OF

Ouest-France et la question coloniale

 

Gratuité des transports : Une belle idée à construire

Gratuité des transports : Une belle idée à construire

DSC08840 Vendredi 12 février, en invitant Maglali Giovannangéli (ancienne présidente de la Communauté d’Agglomération d’Aubagne), nous avons remis sur le métier le projet que certain-es d’entre nous avaient soutenu lors de campagne municipale de 2014, la gratuité des transports publics. Nul doute que nous sortons de cette conférence rassérénés, tellement ce projet – à l’exemple de ce qui a été mis en place à Aubagne….et dans bien d’autres villes, de sensibilités politiques très diverses – est loin d’être une utopie et est tout à fait à portée….à condition d’en avoir la volonté politique.

Dans le contexte local actuel, marqué par la polémique sur le stationnement payant à Saint-Malo ville, le thème de  gratuité des transports publics est une alternative, qui – par ailleurs – aurait l’avantage de réactiver le commerce à Saint-Servan et Paramé . Il nous appartient de faire progresser encore cette idée dans l’opinion.

Voyageurs sans ticket, Liberté, Egalité, Gratuité

12 février 2016 : OSONS! vous invite à voyager sans ticket

12 février 2016 : OSONS! vous invite à voyager sans ticket

51IzU9YLvML._SX328_BO1,204,203,200_21 Communes ou Agglomération françaises ont instauré la gratuité des transports publics, 2 autres se sont engagées à le faire. Ces Communes ou Agglomérations sont de toutes tendances politiques. Les résultats sont spectaculaires en terme de fréquentation des transports en commun.

Faire du transport public un bien commun au profit de la liberté de déplacement, cette idée qui fait son chemin a fait débat lors des dernières élections municipales.

Qui paye ? Les impôts augmentent-ils ? Nous lançons ce débat, qui mérite une étude approfondie. Une première indication cependant, les usagers paient de l’ordre de 1,4 million d’euros pour se déplacer et les communes se partagent chaque année, sans condition, 1,8 millions provenant de l’agglomération, donc des impôts perçus non justifiés par l’une de ses compétences ?

  • Accéder facilement aux services publics, aux services d’aide, à l’hôpital quels que soient ses revenus, c’est le volet social du transport collectif.
  • Diminuer le nombre de voitures et la pollution, c’est le volet écologique du transport collectif
  • Permettre à tous le déplacement facile, c’est contribuer à l’un des droits fondamentaux et à l’émancipation de tous.

Pour en savoir plus, tous les habitants de la côte d’Emeraude sont invités à rencontrer Magali Giovannangeli instigatrice de la gratuité du transport à Aubagne et co-auteure du livre « Voyageurs sans ticket, Liberté, égalité, gratuité ». Le vendredi 12 février 2016 à 20 h à la Maison des associations 35 rue Ernest Renan à Saint-Malo

Vous pourrez vous procurer sur place le livre de Magali Giovannangeli et Jean-Louis Sagot-Duvauroux

OSONS !

Voyageurs sans ticket, Liberté, Egalité, Gratuité

Vigilance démocratique contre la constitutionalisation et la prorogation de l’état d’urgence

Pour faire suite à  la réunion d’Osons ! du 28/01 et suite aux échos plutôt favorables qu’a recueilli cette proposition lors du rassemblement, initié par la LDH, le 30/01,  notre association a lancé l’invitation suivante:  

Depuis le 5 février, l’Assemblée Nationale examine un projet de loi constitutionnelle inscrivant l’état d’urgence dans la Constitution et créant des peines de déchéance de nationalité et de suppression des droits attachés à celle-ci en cas de crime ou délit portant une atteinte grave à la vie de la Nation. Les députés se prononceront le 10 février.

Parallèlement, le Sénat examinera le 9 février un projet tendant à prolonger l’état d’urgence pour une nouvelle période de 3 mois, soit jusqu’au 26 mai 2016.

Considérant que l’instauration et la prorogation de l’état d’urgence n’ont nullement démontré leur efficacité contre les menées terroristes par rapport aux dispositions législatives conventionnelles utilisables antérieurement aux attentats de Paris,

Considérant en revanche les risques majeurs en matière de restrictions permanentes des droits et libertés publics et du statut des personnes que font courir les projets de lois déposés par le gouvernement,

Dans le droit fil du rassemblement qui a réuni le 30 janvier à Saint-Malo, de nombreux citoyen-nes, associations et groupements locaux et pour exprimer leur opposition à toute constitutionalisation et prolongation de l’état d’urgence,

L’association OSONS ! appelle à maintenir la vigilance démocratique et à se rassembler à nouveau le mardi 9 février à 18h30 devant le Pôle Culturel « la Grande Passerelle » (face à la gare SNCF). 

OSONS !

En défense de nos libertés et valeurs démocratiques

Dans le contexte de crise et de sidération consécutif aux attentats abjects
du 13 novembre, le Président de la République et le gouvernement ont
décrété l'état d'urgence, étendu son contenu et
prolongé sa durée et se proposent désormais de lui conférer une valeur
constitutionnelle et d'engager par ordonnance une nouvelle réforme
pénale.

Rappelons que 3000 perquisitions administratives, 400 assignations
à résidence, de nombreuses interdictions de manifestations ou
rassemblements ont été effectuées en 2 mois - y compris dans
notre région -, avec une efficacité contre le terrorisme armé qui reste à
démontrer.

En revanche, on peut observer que les attentats et leur suite ont été
marqués par une montée du racisme dirigé contre les migrantEs et les
musulmanEs. Tout le pays est concerné, c'est le cas à Pontivy par
une agression collective contre un immigré, à Quimper par la fermeture
forcée d'un commerce tenu par une antillaise et ici à Saint-Malo,
par le déferlement de haine sur les réseaux sociaux pour
l'«affaire» du permis de construire de la mosquée.

Aujourd'hui, sont annoncées de nouvelles dispositions législatives,
tout aussi attentatoires aux libertés et aux principes démocratiques que
l'état d'urgence, telles que la déchéance de
nationalité pour les bi-nationaux et l'extension considérable des
pouvoirs donnés à la police et à l'administration sans contrôle
d'un juge (perquisitions de nuit, fouille des bagages et voitures,
contrôle d'identité sur la décision des seuls préfets,
élargissement des possibilités pour les policiers et gendarmes de faire usage
de leur arme). Sans aucune garantie d'efficacité contre
les menées de groupes terroristes fanatisés, on doit craindre que
s'instaure une nouvelle loi des suspects, davantage fondée sur
l'interprétation de « comportements » que sur la mise en lumière
de preuves et de faits. La porte à l'arbitraire est
ouverte.et l'on sait, par expérience historique, ce que
peut avoir comme conséquence tragique un tel tournant autoritaire, en cas de
nouvelles tensions et dans la perspective éventuelle de l'arrivée
au pouvoir d'une formation d'extrême-droite.

AttachéEs aux libertés et valeurs démocratiques et à leur exercice pratique
et au quotidien dans la cité, attachéEs aux principes de laïcité et de
fraternité, les adhérentEs de l'association OSONS ! ne peuvent
rester inertes face à de telles menaces.

Au moment où le gouvernement va engager la procédure de réforme
constitutionnelle et préparer l'ordonnance de réforme pénale, ils
proposent à tou-tes les associations, syndicats, groupements, partis
politiques et à tous les citoyen(ne)s de participer à une réunion qui
pourrait déboucher sur un appel local, une pétition, une réunion publique ou
toute autre initiative. 

Cette réunion est fixée au jeudi 28 janvier 2016 20H, à la maison des
associations.

Association OSONS !

Après les élections du 20 décembre 2015 en Espagne, l’analyse d’Alberto Serrano

Après les élections du 20 décembre 2015 en Espagne, l’analyse d’Alberto Serrano
Alberto SERRANO au micro lors de notre conférence du 18 avril 2015

Alberto SERRANO au micro lors de notre conférence du 18 avril 2015

Αlberto SERRANO était venu à Saint-Malo en avril dernier, répondant à l’invitation d’OSONS!.

Une soirée, un débat avec Syriza et Podemos

Il publie dans ReSPUBLICA, Le journal de gauche, républicain, laïque et socialune analyse de la situation en Espagne, suite aux élections législatives du 20 décembre. Certes, certaines de ses appréciations mériteront un débat approfondi. Mais, n’est-ce pas notre rôle de les relayer afin de tirer les enseignements pour nos combats, des évolutions en cours dans l’état espagnol.

Espagne : enfin l’instabilité ! Après les élections du 20 décembre 2015

mardi 22 décembre 2015

tin du 20 décembre 2015 a bien eu le caractère historique qu’on lui pressentait, pour l’Espagne mais aussi pour l’Europe. 40 ans après la mort du grand criminel Franco et de ce qu’on appela alors la « Transition », par laquelle l’Espagne se débarrassait de la dernière dictature fasciste européenne (après la Grèce et le Portugal), ces élections ouvrent une phase d’importants bouleversements politiques. Pablo Iglesias – secrétaire général de Podemos – l’appelle une Nouvelle Transition.

Depuis 1982, le parti socialiste PSOE – colonne vertébrale du régime né de la Constitution de 1978 – et le grand parti de droite PP (nommé AP au début) ont alterné au pouvoir central, avec l’appoint au parlement des partis nationalistes indépendantistes basque et catalan qui obtenaient en contrepartie une totale impunité pour gérer voire mettre en coupe réglée ces territoires – notamment le très corrompu parti nationaliste catalan CDC (la corruption n’est pas un phénomène isolé ou une sorte de plaie inévitable, Podemos la dénonce comme étant un lubrifiant essentiel de tout le système politique espagnol).
PP et PSOE ont toujours additionné à eux deux 80 % des suffrages, ne laissant aux autres que des miettes et une place accessoire. C’était cela, la fameuse stabilité si indispensable aux « marchés » et si regrettée sur ce ton anxieux que prennent les journalistes français depuis dimanche : une alternance entre frères ennemis, passant de ministres à administrateurs de grandes banques et entreprises, mettant l’État espagnol au service de la finance et des rois du béton.
Quatre ans plus tard, PP et PSOE n’additionnent plus que 50 % des voix et ont perdu des millions de suffrages, dans un scrutin marqué par une forte hausse de la participation. La « stabilité » qui confisquait la démocratie c’est fini, pas de regrets !

L’austérité ne passe pas

Après sa réélection en 2008, le président du gouvernement socialiste Zapatero renonçait à la politique promise à ses électeurs pour appliquer le mémorandum d’austérité de la troïka aux ordres de Merkel – Commission européenne/FMI/BCE – allant jusqu’à voter avec le PP une réforme express de la Constitution qui donne la primauté au paiement de la dette avant toute autre dépense de l’État.

La cure d’austérité et d’ultralibéralisme a précipité le PSOE dans une défaite historique en 2011 : 29% et 110 députés, son plus mauvais score depuis 1978, le PP emportant la majorité absolue avec 45% et 186 députés. Les deux partis dominants réunissaient encore près de 75% des suffrages.

Ce 20 décembre, avec 22 % et 91 députés – soit 1,5 millions de voix perdues et 20 députés de moins qu’en 2011, le PSOE frôle de peu le cauchemar des marchés : il se trouve quasiment à égalité avec Podemos (20,7 %) et à deux doigts de devenir la troisième force politique. Le PSOE a été emporté par son adhésion docile à ce que Juan-Carlos Monedero, fondateur de Podemos, a pu qualifier « d’austéricide » (mettant un accent sur l’aspect mortifère de cette politique et la distinguant d’une austérité qui serait prise au sens de non gâchis des ressources et de non course effrénée au profit). Les socialistes espagnols sont bien sur la pente du PASOK grec (et sans aucun doute du PS français) : ils ont fait leur plus mauvais résultat depuis 1977.

Le parti au pouvoir, PP, prend aussi une raclée ce 20 décembre : il perd 3,7 millions de voix et passe de 44 % – avec majorité absolue au parlement – à 29 % et 123 députés, perdant 63 sièges. Ce résultat, le plus mauvais depuis 1989, maintient le PP au rang de premier parti, mais dans une position qui le met en très grande difficulté pour garder le pouvoir.

Il faut noter que le PP obtient ce résultat avec un déploiement inédit de propagande, la radio-télévision publique ayant été ouvertement annexée à son service pour taire la gravité de la situation sociale et économique et cacher l’ampleur colossale de sa corruption (dont le coût a été estimé par un groupe d’économistes à 48 milliards d’euros !), tout en étouffant le mouvement social grâce à l’application d’une loi ultra-répressive votée par lui seule et entrée en vigueur en juin dernier.

L’explosion Podemos

PP et PSOE croisent dans leur descente sur piste rouge la nouvelle force progressiste : Podemos. En moins de deux ans, depuis son lancement en février 2014 (devenant parti politique en novembre 2014) Podemos est passé de 8 % aux européennes de mai 2014 à 14 % aux régionales de mai 2015 puis à 21 % et 5,2 millions de suffrages ce 20 décembre.
Merkel a raison de faire la grimace, comme on a pu le voir dans une vidéo récente où le chef du gouvernement espagnol Rajoy l’informait des sondages en sa possession : Podemos suit la pente ascendante de Syriza, et à la même vitesse (sachant que la Grèce et l’Espagne sont dans des situations assez différentes et que Podemos n’est pas la réplique de Syriza).
Dès après les élections européennes, les gouvernants, sentant le danger, avaient pourtant pris des mesures fortes :

  • Abdication du vieux roi Juan-Carlos – totalement lessivé par le scandale de corruption impliquant sa fille et par les révélations sur son train de vie – pour le remplacer par le jeune et fringant Felipe à l’image plus moderne.
  • Remplacement du secrétaire général du PSOE, là encore par un jeune et très photogénique dirigeant, Pedro Sanchez.
  • Déchaînement, à partir de janvier 2015, d’une campagne médiatique outrancière pour tenter de salir les dirigeants de Podemos, avec multiplication des unes pleine page les plus grossières inventant des scandales bidon, tous éventés mais démentis seulement en petit caractère en pages intérieures et au milieu du mois d’août. Mention spéciale au quotidien soi-disant « de référence » et « de gauche » El Pais, fleuron du groupe PRISA, dont les articles sur Podemos semblaient tout droit sortis d’un tabloïd anglais. Le but de cette opération était de ternir à tout prix l’image de propreté de Podemos, qui contrastait avec les tâches de corruption indélébiles portées par le PP mais aussi le PSOE ou encore le parti nationaliste catalan au pouvoir à Barcelone. Cette campagne a réussi à déstabiliser un temps la direction de Podemos, poussant notamment l’un de ses fondateurs, Juan-Carlos Monedero, très attaqué, à la démission de son poste de dirigeant.
  • Montée en pression du défi indépendantiste catalan, utilisé par la droite corrompue catalane nationaliste pour se maintenir au pouvoir au prix d’une fuite en avant irresponsable, et utilisé par le PP mais aussi le PSOE pour appeler les Espagnols à resserrer les rangs face au danger de rupture de l’intégrité de l’Espagne – essayant ainsi de faire oublier leur faillite sur le plan social et économique.
  • Mise sur orbite d’un « Podemos de droite » selon le vœu d’Emilio Botin, président (aujourd’hui décédé) de la banque Santander et véritable parrain du patronat et du pouvoir financier en Espagne. C’est ainsi que le parti « Ciudadanos », créé en 2007 en Catalogne par le jeune et photogénique Albert Rivera (sur sa première affiche de campagne il s’exhibait nu avec ses mains sur son sexe pour tout vêtement), a commencé à bénéficier d’une couverture médiatique extraordinaire et de sondages lui prédisant un succès fulgurant en même temps qu’ils prédisaient l’effondrement de Podemos.

Ciudadanos a réalisé une performance remarquable, devenant la quatrième force politique espagnole avec 3,5 millions de voix et 40 députés. Toutefois, cette position est loin des perspectives que lui octroyaient tous les sondages et que lui souhaitaient les grands médias, les milieux financiers et les dirigeants libéraux européens : Ciudadanos a vocation à récupérer les voix perdues par le PP en se présentant comme le parti de rechange propre et neuf, et canaliser le désir de renouvellement des Espagnols en marginalisant Podemos, stigmatisé en parti extrémiste et pas sérieux.

La gauche « de gauche » espagnole : naufrage de la vieillesse

Pourtant, les efforts du pouvoir médiatique et des forces conservatrices ont pu bénéficier de l’appoint des organisations anciennes de gauche : à la tête de Izquierda unida, les vieux apparatchiks usés de ce qu’il reste des lambeaux du parti communiste espagnol ont d’abord lancé en juin dernier une campagne (appuyée par… El Pais !) pour exiger de Podemos une union de la gauche. Puis ils ont torpillé l’accord que leur candidat, le jeune Alberto Garzon, avait trouvé avec Pablo Iglesias pour aller ensemble aux élections (les organisations de IU en Catalogne et en Galice se sont tout de même intégrées aux candidatures de Podemos).

Ainsi, IU perd, le 20 décembre, 760 000 voix, passant de 7 % à 3,7 % et de 11 à 2 députés. Alberto Garzon, selon le bon vieux principe stalinien, a fait campagne en tenant le discours inverse de ce qu’il pense, dicté par les vieux propriétaires du parti, ne faisant qu’attaquer Podemos en le qualifiant de traître et de droite – car se donner les moyens politiques de gagner c’est forcément devenir traître et de droite, bonjour le fatalisme.
Si IU avait accepté l’accord Garzon/Iglesias trouvé en septembre, aujourd’hui les communistes auraient une dizaine de députés de plus, le PSOE serait troisième force politique et Pablo Iglesias pourrait revendiquer la direction du gouvernement.

Tournant le dos à l’héritage anti-stalinien et eurocommuniste du parti communiste d’Espagne des années 60 et 70, à rebours de la dimension politique de ses anciens dirigeants Santiago Carrillo et Dolorès Ibarruri « La Pasionaria » dans la lutte contre le franquisme puis dans le compromis historique de 1978, voici donc le vieux PCE dans le même rôle minable que le très stalinien parti communiste grec KKE contre Syriza : une béquille des forces du capital contre tout changement.

Podemos, le souffle du changement

Mais le souffle du changement est puissant en Espagne : il se nourrit de la révolte citoyenne du mouvement des indignés de 2011, que Podemos transfigure sur le terrain de la dispute du pouvoir politique. Il se nourrit de l’ampleur des mouvements populaires mais aussi de la rébellion citoyenne la plus large, dont on peut voir les symptômes avec les candidatures dans les listes Podemos des juges anti-corruption et de rien moins que l’ancien chef d’État-Major des armées espagnoles. Il se nourrit de l’engagement enthousiaste dans l’action politique, à partir du mouvement des indignés, d’une grande partie la jeunesse du pays.

L’opération Ciudadanos et la campagne médiatique intense présentant Podemos comme un phénomène de mode à bout de souffle n’ont pas permis d’endiguer la déferlante du mouvement populaire : Podemos, donné à 24 % en janvier 2015 puis à 13% en novembre dans les sondages, est bien la force montante du renouvellement politique en Espagne, et son fondateur et dirigeant Pablo Iglesias est clairement positionné comme aspirant sérieux à la présidence du gouvernement dans un très proche avenir.

Les meetings de Podemos ont connu un succès débordant toute prévision, ils ont été investis par un public massivement issu des milieux populaires, aux antipodes de la caricature de Podemos comme ne représentant qu’une élite intellectuelle universitaire.
Le vote pour Podemos, tout en couvrant tout le territoire espagnol, est le plus fort dans les quartiers populaires et dans la jeunesse. Podemos gagne les élections en Catalogne – dans une coalition conduite par la mairesse de Barcelone Ada Colau, une des grandes figures nouvelles de la politique espagnole – et en Euskadi (Pays basque) cette fois directement sous son nom. C’est en soi un séisme électoral et politique pour l’Espagne.

Podemos supplante le PSOE ou le PP comme deuxième force dans pratiquement toutes les autres régions, à l’exception de l’Andalousie. Dans cette région, la plus grande d’Espagne et la clef pour la première place au niveau du pays, Podemos aura souffert de sa division interne. La direction andalouse, dominée par le courant « anticapitaliste », a ouvertement milité contre Iglesias et combattu la composition des candidatures durant toute la pré-campagne ; puis elle a mené une « drôle de campagne », la secrétaire générale s’absentant de meetings importants. L’attitude des dirigeants andalous, faisant des socialistes leur ennemi numéro un au parlement régional, à rebours de la direction nationale qui désigne bien le PP comme l’adversaire, aura peut-être fait manquer à Podemos, pour le moment, la place qu’il mérite en Andalousie et la deuxième place ce 20 décembre.

Le PP, bien que conservant la première place, est dans l’impossibilité de former le gouvernement. Il pensait pouvoir compter sur Ciudadanos, mais ce parti n’a pas fait les résultats espérés par l’establishment, malgré la campagne outrancière du pouvoir médiatique en sa faveur et malgré le talent de son jeune, beau, ambitieux mais très opportuniste dirigeant.

Quel gouvernement ?

Pour gouverner, le PP a besoin de la « Grande coalition », la même que celle que conduit Merkel en Allemagne, avec les socialistes. La pression sur le PSOE est colossale : l’ancien secrétaire général Felipe Gonzalez, le groupe PRISA, l’internationale socialiste, tout l’appareil européen, le patronat, les pouvoirs financiers, etc.

Le secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez, avait été poussé à ce poste à l’été 2014 par l’appareil de son parti, pour contrer l’aspirant Eduardo Madina, jugé trop à gauche. Mais il a passé en mai dernier un accord avec Podemos, permettant l’avènement des municipalités progressistes à Madrid, Barcelone, Cadiz, Saragosse, Valence, La Corogne, et la majorité des grandes villes espagnoles.
Sanchez sait très bien que la grande coalition signifie la « pasokisation » du PSOE, c’est-à-dire sa marginalisation au rang de petit parti d’appoint, et sûrement son éviction du poste de secrétaire général. Il a encore le choix d’imiter son homologue portugais, qui vient de prendre la tête du deuxième gouvernement anti-austérité en Europe – après Syriza en Grèce. Le scénario portugais apparaît comme tout à fait possible en Espagne.

Au centre, il y a Podemos – mais de quoi « centre » est-il le nom ?

Pablo Iglesias a été très clair : Podemos fera tout pour empêcher l’installation d’un nouveau gouvernement dirigé par le PP en Espagne. En même temps, Iglesias considère que « tout le monde va devoir parler avec tout le monde », pour trouver ce qu’il appelle lui-même – reprenant telle quelle l’expression d’Enrico Berlinguer – un « compromis historique » pour une nouvelle transition en Espagne.

Podemos réclame une réforme électorale (le système actuel privilégie à outrance les deux partis dominants) et veut faire passer dans la Constitution de nouveaux droits démocratiques et sociaux, des garanties pour l’indépendance de la Justice (bien mise à mal par les partis gangrenés par la corruption), l’interdiction des « portes tournantes » qui installent une dépendance des gouvernants envers les grands groupes privés. Podemos propose un nouveau projet national, partagé par tous les peuples d’Espagne et reconnaissant pour cela le caractère plurinational du pays et le droit du peuple catalan à décider de la place de la Catalogne en Espagne par référendum – les trois autres partis s’opposent au référendum.

Et voici l’élément crucial du nouveau panorama politique : même si Pablo Iglesias ne dirige pas le nouveau gouvernement, c’est bien Podemos qui est en position de fixer l’ordre du jour et l’agenda politique de cette législature.
Aujourd’hui, Podemos est au centre du jeu politique. La recherche de cette fameuse position au centre du jeu a été systématiquement caricaturée en recherche du « centrisme » par les médias mais aussi par une grande partie des milieux militants de gauche et d’extrême-gauche. Tout en revendiquant son ancrage progressiste, Podemos refuse de se laisser assigner une place à gauche ou à l’extrême-gauche, la majeure partie du peuple que Podemos entend rassembler ne se référant plus très bien voire plus du tout à cette topique.
Podemos est exactement là où les fondateurs de ce parti voulaient se trouver, validant ainsi la stratégie conçue et déployée par Iglesias malgré les cris d’orfraie de plusieurs « intellectuels-de-gauche » (AOP) et de milieux radicaux et se croyant « révolutionnaires »

C’est la victoire stratégique la plus importante et la plus voyante au soir de ce 20 décembre. Inspirés par Gramsci, « élèves » de Mouffe et Laclau qui leur ont fourni en quelque sorte une doctrine gramscienne pour la bataille politique et culturelle d’aujourd’hui, et désormais inspirés par l’approche et le style de Berlinguer dans un panorama politique « à l’italienne », les dirigeants de Podemos ont démontré leur intelligence et leur courage ; ils montrent aujourd’hui qu’ils ont appris vite et gagné en talent et capacités tactiques depuis leur pari audacieux voire un peu fou de janvier 2014.

Ils vont changer l’Espagne et l’Europe. Ça commence aujourd’hui.

L’analyse d’OSONS! et du Collectif malouin de l’eau sur l’attribution de la délégation de service public de l’assainissement

Téléchargez ci dessous le texte que des militant-es d’Osons ! et du Collectif malouin de l’eau ont distribué le 1er octobre à l’entrée du Conseil Municipal de Saint-Malo:

Assainissement 1er octobre 2015